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Commentaires: Lorsque nous avions passé en 2009 une semaine dans glen canyon avec un houseboat et un jet ski, nous étions passés sans le savoir dans reflection canyon mais il faut dire que c’était d’une part en septembre donc là où le niveau du lac est traditionnellement haut et d’autre part avant que ce lieu ne devienne célèbre à cause de la pub d’Apple pour vanter ses nouveaux écrans retina. Depuis ce temps-là, ce lieu était devenu un objectif principal avant de le concrétiser fin mai 2016. J’ai longtemps hésité entre faire une randonnée à la journée et un backpacking sur 2 demi-journées. J’ai finalement opté pour le backpacking pour deux raisons: D’une part, je ne  voulais pas me taper quasiment 5h de piste dans la journée + une randonnée très longue et d’autre part être  sur place au pire moment de la journée niveau lumière. Le problème dans le back est que cela oblige à emporter beaucoup d’eau car il n’y a pas d’ombre à part un spot à 30min du départ et pas de point d’eau sur le chemin car même si le site de rainer grosskopf mentionne un pothole avec de l’eau impossible de compter la dessus sans prendre de risque.  Lors de notre aventure je ne voulais pas non plus arriver trop tôt sur place donc l’idée était de partir vers 12H30 du trailhead, compter environ 5H de randonnée et arriver vers 18H sur place.

Nous sommes donc partis tranquillement le matin pour les quelques 52 miles de la hole in the rock road qui sont très roulant sur les 30/35 premiers miles et beaucoup moins ensuite avec quelques passages cassant où il faut croiser les doigts pour ne pas crever. Il nous faudra un peu plus de 2H pour arriver au trailhead (pas de trailhead matérialisé pour cette randonnée). Afin de limiter la quantité de nourriture et d’eau (nourriture lyophilisée oblige) à emporter l’idée était de manger avant de partir à la voiture et idem le lendemain. Lors de notre aventure, il faisait un bon 30° à l’ombre ce qui nous a contraint d’emporter beaucoup d’eau soit un peu près 12l pour les deux demies journées + la nuit pour 2 ce qui doit être suffisant car on gère en général plutôt bien nos réserves. Lorsque je mets le sac sur les épaules il fait un bon 20kg et je me rends compte que cela va être dur. Je n’avais pas spécialement préparé cette randonnée en me basant uniquement sur la trace GPS fournie sur le site web de rainer grosskopf et je vais le regretter…  Au bout de 30 minutes de marche, nous apercevons 3 jeunes d’environ 20/25 ans dans ce qui est le seul spot d’ombre de toute la randonnée et ils agitent les bras. Ils reviennent également de backpacking, leur GPS est en panne, ils ne savent pas où ils sont et pire ils n’ont plus une goutte d’eau. Ils nous supplient de tremper leur lèvres dans une bouteille d’eau ce que bien sur nous faisons et nous leur remontons le moral en leur indiquant qu’ils ne sont qu’à 30 min de leur voiture. Décidément chaque fois qu’on fait du backpacking dans le coin on croise quelqu’un qui est perdu et qui n’a plus d’eau (l’an dernier c’était un savoyard dans Coyote gulch qui tournait en rond depuis 2 jours !!!). Cet épisode montre combien cette randonnée est exigeante et nous allons également en faire les frais. La progression est plutôt lente car cela n’arrête pas de monter et de descendre et finalement je passe trop de temps le nez sur le GPS à essayer de suivre la trace GPS d’une part et trouver un semblant de sentier d’autre part.  idéalement il faut essayer de tirer le plus droit possible en restant le plus proche possible vers l’ouest et les falaises de façon à limiter le plus possible les montées/descentes. De plus, je trouve ce parcours sans intérêt au niveau paysage ce qui en allonge psychologiquement  la longueur. Nos sac sont lourds ce qui oblige à faire souvent des pauses qui comme souvent en backpacking sont de plus en plus rapprochées au fur et à mesure de la progression car le sac pèse de plus en plus sur les épaules. Je me rends vite compte qu’on mettra probablement plus de 5h pour arriver et que la distance sera plus longue que les 8 miles prévus. Par contre, nous maitrisons bien nos réserves de liquide, trop peut-être, bien que nous n’ayons pas spécialement soif. Une fois la partir qui longe la falaise terminée (environ 7 miles pour notre cas) nous entamons la partie de slickrock qui est plus agréable et peu plus « scenic » mais pas de quoi non plus se relever la nuit. De plus l’heure tourne et nous sommes encore loin de l’arrivée. A mi-parcours on aperçoit le lac au loin mais fausse joie car on le perd vitre de vue !!! 

Après 6H15 d’effort et 9,5 miles nous arrivons enfin sur la RIM mais même pas au bon point de vue et je n’ai même pas la lucidité pour voir qu’il suffit de descendre sur le slickrock pour y accéder. De plus j’ai les deux oreilles bouchées et lysiane me dit que ma voix n’a plus du tout la même tonalité. En fait j’ai un début de déshydratation :  nous posons nos sacs et descendons une bouteille de gatorade et un coca et je prends des pastilles isostar pour reprendre des forces. Je fais quelques photos et reviendrais plus tard, enfin c’est ce que pense. Il est déjà très tard et le soleil se couche dans une 1H30 environ et il faut trouver un espace pour le camp. Je prends initialement le même spot que rainer vu sur internet  mais les sardines ne tiennent pas dans le sable et c’est très venteux donc on remballe tout pour descendre au pied de la butte après des efforts inutiles. Il y a plus de place en bas mais là encore difficile de faire tenir les sardines et il faut chercher de grosses pierres, rares, pour les bloquer et faire en sorte que la structure de notre  tente (sur base des bâtons de randonnées sur la bi agnes scout ul 2) reste en place. L’installation du camp pompe le peu d’énergie qui me reste. J’ai toujours les oreilles qui se bouchent, je n’ai plus de voix et je commence à avoir des vagues de crampes notamment dans le haut du corps, j’ai des vertiges et envie de vomir. Une part de l’explication tient dans le fait que n’avons bu environ que 3l à deux et ce n’est pas assez. Je serais incapable d’avaler la moindre bouchée du plat lyophilisé et la seule nourriture qui passera est une salade de fruit, maigre comme repas. Heureusement, Lysiane, même très fatiguée n’a pas de défaillance et m’apporte un soutien essentiel. Bien évidemment je n’ai plus la force de remonter la butte pour aller faire des photos et sincèrement à ce moment-là les photos sont le cadet de mes soucis et ma seule préoccupation est de savoir comment je vais faire pour revenir le lendemain. Le problème quand on commence à se déshydrater c’est que l’on a soif en permanence et je ne peux pas me permettre de vider nos ressources. Lysiane est inquiète pour moi mais elle arrivera à dormir. Pour moi, même si je suis un peu mieux en position allongé, ce sera plus compliqué car j’ai soif en permanence et me limite à une bouteille de 60cl pour la nuit. En backpacking il ne faut pas sous estimer la quantité d’eau que l’on boit la nuit qui est loin d’être négligeable. 

Le lendemain matin, vu l’épisode de la veille, impensable de partir tard donc lever très matinal vers 5H20 et j’angoisse un peu de me lever car ma tension ne doit pas être très vaillante. Cela tourne un peu mais c’est un peu mieux que la veille. Au petit déjeuner j’aurais encore le plus grand mal à avaler les 240 calories de ma cliff bar. Il bien reconnaitre que c’est déjà sec en temps normal mais là ce sentiment est renforcé. Lysiane me fait don de sa salade de fruit pour se contenter de fruits lyophilisés et il faut dépenser encore de l’énergie pour remballer le camp en en faisant le minimum…. Nous nous mettons en route à 6H20 et c’est dur. Comme la veille cela semble interminable, lysiane me soutient, le GPS rassure sur la progression même si on trouve que cela ne va pas assez vite et on avance au mental en pensant à la citronnade qui attend au frais dans la glacière…. Nous allons faire beaucoup de pauses, boire beaucoup même si on a de plus en plus mal au ventre, se forcer à manger même si c’est toujours aussi dur. Nous arrivons enfin à l’endroit à l’ombre où étaient les jeunes la veille pour la dernière pause qui signifie que la voiture est à 30 minutes. Ces 30 minutes seront longues et comme la veille nous mettrons 6H15 pour arriver à cette voiture tant convoitée. J’ouvre direct le robinet de la glacière pour me mettre la tête dessous et boire la citronnade à laquelle je me suis accrochée pendant cette randonnée cauchemar. Je n’arrive toujours pas à manger de solide et mettrais une bonne demi-heure pour pouvoir reprendre la piste car impensable d’enchainer sur Bement arch comme je l’avais imaginé au départ. Sur la piste, rien que de serrer le volant j’ai beaucoup de crampes dans les mains et sent que ce n’est pas la grande forme. Lysiane finira les 30 derniers miles et on prendra une bonne glace à Escalante qui passe très bien et un bon repas au circle D avec une bonne pinte de Bière. Au final, j’ai commis plusieurs erreurs dans ce backpacking :
- J’ai sous-estimé la durée de la randonnée avec la chaleur et de lourds sacs et donc nous sommes partis trop tard
- Je n’ai pas assez travaillé le tracé et me suis reposé intégralement sur celui trouvé sur internet donc sombré dans la facilité
- Je n’ai pas assez bu à l’aller alors qu’on a fini le deuxième jour avec 1,5 de réserve

Conseils: Mon avis personnel est que cette randonnée n’a aucun intérêt avant la toute fin donc un rapport effort/plaisir proche de 0. Je n’aime pas les échecs donc si j’ai la chance d’y aller un jour en avril, c’est certain que je tenterais à nouveau l’expérience. Au final je déconseille cette randonnée :

- à la journée car trop longue en incluant le temps A/R sur la piste

- lorsqu’il fait trop chaud car pas d'ombre et pas de points d'eau.

Situation: sur la Hole in the rock road, faire environ 51 miles ce qui représente au minimum 2 bonnes heures de routes. les 25/30 premiers miles sont assez voire très roulant mais les 20 derniers sont beaucoup plus cassant et il faut faire attention aux crevaisons.

Intérêt:

Difficulté rando:

Difficulté piste:

Durée à consacrer: une très longue journée ou en backpacking. compter 9h de randonnée A/R au minimum (12h pour notre cas)

Commodités:

Logement:Escalante ou Backpacking

Restauration: pique nique