Jour6 : Farmington -> Chaco Canyon

Le temps est gris en cette matinée du 6ème jour mais pour visiter des sites de Petroglyphs ce n’est pas un handicap au contraire. Après un stop près de l’Hôtel pour prendre cette pancarte en photo qui illustre les contradictions de l’Amérique, route vers un peu de Wilderness en l’occurrence Crow/Largo Canyon.

Au bout de plus de 20 miles de piste, la route à suivre ne saute pas aux yeux vu les nombreux embranchement qui mènent en général, comme la veille, à des stations de compresseurs. Après une première tentative de traversée d’un wash avec une montée infranchissable, retour sur nos pas et on finit par trouver la bonne piste qui mène au panel principal de Petroglyphs. Je n’étais pas spécialement attiré par cette forme d’art, mais Philippe m’y a initié lors de notre trip en 2005 et j’apprécie maintenant ce genre de site. Le premier panel est constitué de plusieurs petroglyphs dont la plupart sont très esthétiques avec notamment des scènes de chasse.

 

Le deuxième panel ,celui de Big Warrior, est très joli également avec ce gros guerrier muni de ses lances.

 

Pour accéder au troisième panel, celui de Cahub (photo à gauche), la rando est plus acrobatique car à flanc de colline dans les éboulis pour au final découvrir un seul et unique petroglyph. Le rapport effort / plaisir cher à Philipe n’est pas terrible cette fois ci. Le dernier panel, nommé 44 panel, est quant à lui situé au bout d’une randonnée sans difficulté de 1 mile. Là encore, il est très étendu avec de belles scènes de chasse et vaut vraiment le détour.

 

De retour à la voiture, il est déjà 13h passé et je convaincs Philippe, de pique niquer (un bien grand mot) au cul de la voiture. Après cette matinée riche en rock art, on restera dans le culturel avec Chaco Culture National Historical park. A l’entrée de la route du parc, il est indiqué que le camping où nous devons passer la nuit est complet. Vais-je encore passer à côté d’une nuit de camping ? Eh bien non puisque Philippe me dit qu’il convaincra bien quelqu’un de partager son emplacement de camping et que sinon on prendra une piste discrète juste en dehors du parc pour y dormir, ce qui ne me tente pas franchement.

 

Arrivés au camping, Philippe aborde un campeur seul dans son camping car et lui demande de partager son emplacement avec nous. Le campeur lui demande s’il est avec sa femme et Philippe répond qu’il est avec un ami mais que nous ne sommes pas gays. Le campeur éclate de rire et nous accepte volontiers. Le temps est très couvert mais nous entamons tout de même une randonnée qui nous fait grimper sur la Rim afin de surplomber Pueblo Bonito et Pueblo Del Arroyo. Vu la lumière qui règne les photos ne seront pas terribles mais il faut faire avec. Il commence à pleuvoir lorsque je prends le chemin du retour et j’arriverais bien mouillé à la voiture.

Après cet orage, le ciel se dégage par endroits et quelques rayons de soleil arrivent à se frayer un chemin à travers les nuages et éclairent les ruines de Pueblo Del Arroyo qui prennent une belle teinte dorée avec un ciel plombé en arrière plan.

 

De retour au camping, je me prépare à ma première nuit sous la tente de Philippe tandis que lui dormira dans le SUV comme à son habitude. . Après un repas vite avalé debout, je me glisse sous la tente pour une nuit que je crains interminable. Je ne suis déjà pas un gros dormeur et en plus avec une nuit qui dure 11h, le baladeur MP3 sera utile dans la nuit pour passer le temps. En tout cas, si je refais du camping avec Lysiane, je ferais cela dans les règles avec un minimum de matériel pour faire un feu, c’est quand même plus sympa et convivial.

 

Jour 7 : Chaco Canyon -> Bisti Badlands

Lorsque je me réveille vers 5h du matin je suis moi-même surpris que la nuit ait passé plus vite que prévue. Il ne me reste plus qu’à attendre 2 petites heures que le soleil se lève. Le ciel est toujours bien chargé et il a plu pendant la nuit. Les vœux des Navajos qui faisaient une danse de la pluie la veille ont été exaucés. Après un petit déjeuner pris dans le camping car de notre co-locataire, On se met soudain à courir vers les ruines situées au bord du camping car le soleil fait une percée et enflamme la roche. Par chance, le soleil va rester durablement ce qui est de bonne augure pour Bisti Badlands.

 

Pour finir notre visite de Chaco, direction Pueblo Bonito où nous passerons plus d’une heure à trouver des angles originaux dans les ruines en plus de la photo classique de l’enfilade de portes. Je me laisse même tenter par la ballade qui mène à des petroglyphs mais celle si est sans intérêt tant les gravures sont de faible qualité visuelle et quasi invisibles.

Un dernier arrêt à Casa Rinconada avec une Kiva de taille impressionnante achèvera notre séjour dans le parc. C’est sans nul doute un endroit où je reviendrais avec Lysiane pour de plus longues randonnées. C’est le moment de reprendre la piste et de se diriger vers Bisti Wilderness qui s’annonce comme un des Highlights du Voyage concocté par Philippe. Nous ne sommes par certains à 100% d’emprunter la bonne piste mais le sens de l’orientation de Philipe et le GPS aidant, on est bien sur le bon chemin et nous arrivons rapidement sur le parking en bord de route. Dire que je vais dormir là ce soir…

Après un pique nique de fortune, on se met en route dans le Wilderness pour l’après midi car il n’est pas prévu de revenir avant la nuit. Après le premier groupe de Hoodoos...

 

Nous nous rendrons à l’endroit où il y a des troncs pétrifiés puis au site nommé ‘Eggs Factory’ avec ses rochers de formes si particulières qui font penser à des œufs ou des fleurs en train d’éclore. Nous ne nous attardons pas car on va y revenir à la tombée du jour pour profiter de teintes plus chaudes.

 

On se met alors en route vers un groupe de Hoodoos qui est moins accessible celui ci et à plusieurs reprises on fera un peu de descente en glissade sur des badlands assez pentues. Ce dernier groupe est assez original mais pas si simple que cela à photographier car les Hoodoos sont très groupés.

 

Au contraire de Philipe, je préfère donc m’éloigner pour avoir plus de recul et prendre des plans plus larges. Cela fait 4h que l’on crapahute dans cet endroit que l’on peut qualifier de lunaire plus que tout autre et j’avoue en avoir un peu assez des Hoodoos. Je laisse donc Philippe qui aime y prendre son temps et me dirige vers la Eggs factory pour attendre que le soleil embrase cet endroit. Je commence donc à repérer les endroits et les poses intéressantes car lorsque le soleil se couche, le temps est compté.

 

Philippe arrive une petite demi-heure plus tard et lorsque la roche commence à se colorer en jaune la séance photo peut commencer jusqu’à ce que les derniers rayons viennent frapper les badlands en arrière plan. Ce moment aura été intense et riche en belles photos. Le soleil est parti se coucher et il est temps de retourner à la voiture. J’allume donc mon GPS, fixe le cap à suivre et en route pour les 2.3km qui nous sépare de la voiture.

 

Je prends de l’avance puisque Philippe continue à prendre des photos de hoodoos en contre jour et ferais le trajet seul en coupant au plus court. J’arrive finalement à la voiture en seulement 30 minutes et en utilisant la lampe torche que sur la fin, Philippe arrivant quant à lui un peu plus tard, car il aime marcher tranquillement au crépuscule et après. Le repas sera pris à la lumière de la frontale et une fois que Philippe a monté la tente, j’entame la nuit qui risque d’être longue. Trouvant qu’il ne fait pas froid, je décide de ne pas utiliser le duvet mais finalement je me réveillerais en pleine nuit pour me glisser dedans car la température est un peu limite.

Jour 8 : Bisti Badlands -> Albuquerque

La nuit a été longue et le baladeur MP3 un bon compagnon pour passer le temps. Je passe la tête dehors vers 6h30 et je vois un SUV arriver avec 4 japonais à bord bardés de matériel haut de gamme. Ils ne parlent par très bien anglais mais on arrive à comprendre que c’est la 3ème fois qu’ils viennent sur place et qu’ils veulent aller à eggs factory pour le lever de soleil ce qui semble déjà un peu tard. De mon côté, pendant que Philippe range sa « chambre » dans l’arrière du SUV, je prends mon petit déjeuner sur la Glacière avant de nous diriger vers le groupe de Hoodoos à quelques centaines de mètres vers l’Ouest.

Le ciel est couvert mais le soleil arrive par moment à percer et à éclairer ces Hoodoos dont certains ont des formes originales comme « the Camel » ou « The Bird ». Me balader dans cet endroit lunaire avec « breathe in the air » de Pink Floyd dans les oreilles me procure un plaisir certain et tout le répertoire psychédélique y passe.

 
 

Il est temps de ranger le campement non sans avoir au préalable pris une photo de ce camp de fortune. Je reviendrais dans cet endroit avec Lysiane qui aime ce genre de lieux mais ce ne sera pas en campant sur le parking…

La route est maintenant longue jusqu’à El Malpais, notre lieu d’exploration pour l’après midi. Arrivés sur place on commence par une grotte sans grand intérêt où l’on s’essaye à la photo style spéléo mais le résultat n’est pas terrible. On décide donc de prendre la piste de « chain of craters ». Quelques miles après le début, stop pour faire un bout de la rando des seven bridges. Le sentier est en fait un lit de lave et mène à une rim au bord de laquelle il y a une successions de 7 ponts naturels de lave. Nous n’en verrons que 3 au total et c’est assez spectaculaire.

 

La descente dans le canyon est casse gueule mais j’y vais quand même suivi par Philippe pour avoir un point de vue avec une succession de 2 ponts. Le reste de la piste est longue, sans intérêt et le temps file vite. Il faut que l’on trace sur la route pour être à ‘La Ventana’ arch avant qu’elle ne soit entièrement à l’ombre.

 

Arrivés sur le parking, on monte sur le sentier jusqu’au pied de l’arche, celle ci est spectaculaire et massive. De retour à la voiture, l’arche est déjà à moitié dans l’ombre. Sur la route Philippe tient alors à faire une photo des Narrows mais l’omniprésence des barbelés le long de la route l’en empêchera. Juste le temps de faire quelques miles vers le Nord et nous voici à Sandstone Bluffs Overlook pour assister sous un vent glacial au coucher de soleil.

 

La journée a été bien remplie une fois de plus mais il reste encore de la route jusqu’à Albuquerque et celle ci sera interminable en raison d ’un bouchon sur l’autoroute qui nous fera perdre une heure. Pour ne rien arranger, nous mettrons un temps certain à trouver notre motel 6. Après une douche bien méritée après ces deux jours de camping, il faut trouver un resto ouvert à 22h30. Ce sera finalement un steakhouse bon marché en bordure de l’interstate où la nourriture est excellente et la bière maison de qualité.

Jour 9 : Albuquerque: Fiesta Balloons

La nuit fut courte car il faut se lever à 4h30 pour aller assister à la pre-dawn patrol de la Fiesta Balloons de Albuquerque qui est le plus grand rassemblement mondial de montgolfières ; événement qui a lieu tous les ans en octobre. Ce n’est bien sur pas un hasard si nous sommes ici puisque Philippe a bien sur conçu l’itinéraire en fonction de cet événement. Initialement Philippe ne voulait pas se rendre sur place en voiture à cause des embouteillages à l’entrée (des dizaines de milliers de personnes motorisées sont attendues), d’où le choix de l’hôtel à 2km du site. Je le convaincs tout de même de nous y rendre en voiture car l’organisation aux US est en général suffisamment bien faite pour gérer les flux importants de personnes. C’est le cas ici puisqu’on ne mettra même pas 20 minutes pour se rendre sur le parking. Normalement la pre-dawn patrol consiste à faire décoller des montgolfières avant l’aube qui illuminent alors la nuit. La moitié des montgolfières resteront au sol à cause du vent. Nous sommes anxieux car en cas de vent trop violent, la mass Ascension peut être annulée. Il s’agit de l’événement du jour : comme son nom l’indique, plusieurs centaines de montgolfières doivent s’élever dans le ciel pendant environ 2 heures. Nous assistons donc aux gonflages des premières montgolfières au milieu de la foule qui est déjà importante. On convient donc d’un lieu de rendez-vous avec Philippe car il est impossible de rester ensemble dans un site aussi vaste.

 

Le Bulldog...

L'éléphant...

La dame verte....

Les premières montgolfières s’envolent et je me dirige plus loin sur l’aire d’envol, où la foule est moins dense. Je vais y passer environ 2h à observer les ballons s’envoler les uns après les autres de la forme la plus simple à la plus sophistiquée. Parmi mes préférés...

 

La tortue...

les deux abeilles...

mais aussi la diligence de la Well’s fargo et la maison de sorcière qui ne décolleront pas malgré plusieurs tentatives et les encouragements de la foule. Après ce spectacle inoubliable, je me rends au lieu de rendez-vous mais j’aperçois alors une expo de voiture américaine que je n’avais pas repérée sur le programme. Moi qui suis un fan d’automobile depuis toujours, j’y retrouve la plupart des sportives mythiques des années 60 et 70 comme....

 

La Ford Mustang...

la Ford GT...

La Corvette Sting Ray...

 

La Chevrolet Bel Air....

La Pontiac Trans Am...

Vu la foule inutile d’espérer faire des plans larges et je me concentre plutôt sur des gros plans originaux. Après avoir retrouvé Philippe qui assiste à un concert, je l’ai entraîné dans l’expo où il fera également quelques photos.

 

J’en profite aussi pour appeler Lysiane au téléphone qui m’apprend que la France à battu les All Black en quart de finale de la coupe du monde ce qui me fait pousser un « Yes ! » bruyant au milieu de la foule. Après avoir avalé un Burger sur place, nous nous dirigeons vers Tent Rock National Monument pour passer l’après midi en attendant que le spectacle reprenne le soir avec l’after glow et le feu d’artifice. Apparemment nous ne sommes pas les seuls à avoir au cette idée car on a du mal à trouver une place de parking dans le parc.

La Ballade sera sympa mais il y a un peu trop de monde à notre goût. On y prendra notre temps puisqu’on y passera en final plus de 2h et on y rencontrera un couple d’américain qui s’est perdu dans Bisti Badlands quelques jours plutôt malgré les indications du guide ‘Photographing the Southwest’ que Philippe à co-écrit. Il en est surpris, mais tout le monde n’a pas son sens de l’orientation et d’observation….

De retour à Albuquerque, petit retour à L’hôtel avant de retourner à la Fiesta Balloon pour les festivités du soir. Philippe veut y aller à pied mais je le convaincs une nouvelle fois d’y aller en voiture et comme le matin, on ne mettra pas plus de 20 minutes en économisant même le parking, les filles chargées de collecter l’argent dans la file semblant en avoir assez pour la journée. Le premier spectacle est l’after glow avec plusieurs dizaines de ballons au sol qui poussent les gaz pour illuminer la nuit qui tombe. C’est très beau à voir mais la galère à prendre en photo avec la foule agglutinée devant les montgolfières.

S’ensuit le feu d’artifice qui clôture la soirée. C’est la première fois que je prends en photo un feu d’artifice et ma fois, je ne suis pas mécontent du résultat.

 

Comme le matin, je retrouve Philippe au point de rendez-vous. Il souhaite manger sur place à cause de l’ambiance festive mais le groupe qui se produit sur scène n’est pas terrible et pour ma part je préfère faire un vrai repas avec une bonne bière et on ira finalement au même endroit que la veille avec un bon plat de Spare ribs pour moi. La journée aura été longue, riche en émotions et en photo puisque c’est de loin la journée où, tout voyages confondus, j’ai pris le plus de photo soit plus de 500 ! ! !